Բարի գալուստ

1922 թուականին, 1915-ի Ցեղասպանութիւնը վերապրած եւ Պելճիքայի մէջ հաստատուած քանի մը հայ ընտանիքներ կը որոշեն կազմակերպչական կարգավիճակ մը ստեղծել, համակարգելու Հայ կեանքը եւ ապահովելու իրենց ինքնութեան պահպանումը՝ Պելճիքական հասարակութեան հետ ներդաշնակ ապրելու միտումով։ Այս թուականէն սկսեալ, չորս տարին անգամ մը ընտրուած ներկայացուցիչներու ժողով մը կը նշանակէ գործադիր կոմիտէ մը՝ Պելճիքահայութեան կոմիտէն։ Ավելին...

FIGAROVOX/TEMOIGNAGE - Par  Jean-Baptiste Semerdjian - 02/10/2018

Charles Aznavour était un géant de la chanson française et un trait d'union pour la diaspora arménienne du monde entier, un membre de la famille à part entière. Charles Aznavour rendait la vie plus simple.

Quand on a un nom qui finit en -ian, il y a comme une valeur symbolique qui vous poursuit, qui colle aux basques. Juste trois petites lettres. Ce -ian, qui signifie «fils de…» en arménien, saute aux yeux, intrigue. Si l'interlocuteur est éclairé, il réagit, comme s'il avait trouvé un diamant. «Un Arménien!» Que faire? Clamer ses origines, aussi lointaines qu'elles soient? Plomber l'ambiance en parlant des atrocités du génocide? Féliciter l'interlocuteur d'avoir identifié ce que l'on sait depuis toujours? Hocher la tête simplement en se demandant si c'est une bonne nouvelle, ou pas.

Il suffisait de répondre : « Oui, Arménien comme Aznavour »

Jusqu'à ce premier jour d'octobre, et encore plus maintenant, il y avait un stratagème, une diversion. La tactique dite d'Aznavour! Il suffisait de répondre: «Oui, Arménien comme Aznavour». Alors, l'interlocuteur avait les yeux qui brillaient. Un ange caucasien passait. Ce n'était pas la flûte traditionnelle arménienne, le duduk, qui résonnait, mais bien les bons mots, les douces mélodies de Charles Aznavour.

Le nostalgique «Hier encore», l'engagé «Comme ils disent», l'impertinent «Emmenez-moi» ou encore la fabuleuse «Bohème» flottaient là. Il n'y avait plus d'origine lointaine déterrée. Seule la musique faisait foi, faisait société. La musique, son art, ce trait d'union planétaire, qu'Aznavour maniait avec brio. Certes, il fabriqua des souvenirs mélodieux pour trois générations. Mais, il fut aussi un passeur de culture qui faisait de lui une fierté pour tous les Arméniens du monde entier. À Gumri, ville arménienne gravement endeuillée par un séisme en 1988, le chanteur trône même en statue et rassure aussi les membres de la diaspora qui visitent, en simples touristes, un pays qu'ils ne connaissent pas vraiment.

Le 1er octobre, il n'y eut pas une maison avec ce -ian affiché sur la boîte aux lettres où quelques larmes ne furent versées sur ses vers chantés. .

Dans ces maisons toujours, les plus âgés se rappelèrent un souvenir, un titre, une photo de l'artiste. D'autres, se regardèrent dans le miroir à la recherche d'un trait, d'un regard en commun. Charles Aznavour était comme un membre éloigné de la famille. Cet oncle lointain dont tous les descendants de peuples décimés ont à travers le monde, éparpillés par les soubresauts de l'Histoire. Il y a l'oncle éloigné d'Amérique comme il y avait Charles Aznavour. Un oncle dont on est fier. Il était le plus français des Arméniens. Il était le plus connu des Arméniens, avec un nom d'artiste qui ne finissait même pas par -ian.

L'auteur, Jean-Baptiste Semerdjian, est journaliste au Figaro.