A Nice, des victimes de tous horizons

Libération. Par Amélie Quentel — 18 juillet 2016

Les feux d’artifice, ça parle à tout le monde. Il y en a aux Etats-Unis, en Australie, en Pologne, en Russie ou encore en Algérie. Peu importe l’âge, la culture ou le pays d’origine : ce type de spectacle est familier de tous, presque universel.

Le 14 Juillet, à Nice, il y avait toutes les générations, toutes les nationalités, toutes les professions sur la promenade des Anglais pour assister au feu d’artifice célébrant la fête nationale française quand Mohamed Lahouaiej Bouhlel s’est lancé dans sa course en camion meurtrière. D’après le dernier bilan, 84 personnes sont décédées. Parmi elles, beaucoup de vacanciers d’origine étrangère.

L’attaque du 14 Juillet a visé la deuxième ville touristique de France. Nice accueille tous les ans 5 millions de visiteurs, dont 1,7 million rien qu’en juillet et en août. Parmi les victimes, on recense ainsi un père de famille américain et son fils de 11 ans, une Suisse, deux jeunes polonaises…

Déjà, au XIXe siècle, la baie des anges attirait les Anglais désireux de profiter en hiver du climat doux de la cité niçoise – donnant, au passage, son nom à la célèbre promenade. Depuis, les touristes du nord de l’Europe n’ont jamais cessé d’y aller, comme l’explique le prêtre de l’Eglise suédoise de Cagnes-sur-mer, près de Nice : «Les Scandinaves ont souvent des maisons de vacances dans le coin, et viennent y passer l’été. Tous les jours, il y a quinze vols qui relient la Scandinavie à Nice.» Après l’attaque, le prêtre a été contacté par de nombreux Suédois présents sur la promenade des Anglais et choqués par ce qu’ils avaient vu: «Ils étaient juste en vacances. Certains sont déjà rentrés en Suède, ou d’autres ont bougé dans d’autres villes françaises.»

19 étrangers décédés dans le dernier bilan

Outre les touristes, l’attaque du camion fou a touché de nombreuses personnes d’origine étrangère, résidant en France.

C’est le cas notamment d’une Arménienne, habitant depuis quelques années à Nice. Ils seraient «environ 6 000 Arméniens à vivre à Nice, plus de nombreux touristes», d’après le Père Krikor de l’Eglise apostolique arménienne Sainte-Marie de Nice. Le primat de l’Eglise apostolique arménienne de France est spécialement venu donner la messe dans la ville, vendredi, afin de lui rendre hommage.

La communauté russe, elle, a particulièrement été touchée, comme en témoigne l’Association de la cathédrale Russe Saint-Nicolas de Nice. D’après son secrétaire, Christian Frizet, «une dizaine de personnes» ayant des origines russes auraient été tuées ou blessées lors de l’attaque. Toujours selon lui, «50% des personnes affectées» par l’acte meurtrier de l’assaillant seraient de nationalité autre que française. Si l’on s’en tient au dernier bilan, 19 personnes ayant des origines étrangères – touristes ou étrangers résidant en France – ont péri, sur la quarantaine de personnes tuées identifiées officiellement à ce jour. Mais les identifications sont loin d’être terminées. D’autant que 85 personnes sont encore hospitalisées, dont 18 avec leur pronostic vital engagé. Le 13 Novembre à Paris, date du dernier attentat meurtrier en France, 28 étrangers avaient déjà trouvé la mort.

Amélie Quentel - Libération