Khojalu : 20 ans de mensonge d’Etat

Khojalu, Khojalou , Khodjalu, Xocali : les orthographes varient selon les langues utilisées mais il s’agit toujours du même lieu. Ce nom rappelle, depuis 1992, le lieu d’une tragédie survenue durant le conflit opposant la petite République arménienne du Haut-Karabakh (RHK), à son puissant voisin azerbaïdjanais. Malgré les précautions prises par les forces armées de la RHK pour épargner les civils du camp adverse avec la mise en place d’un corridor humanitaire, certains habitants turcs azéris se sont retrouvés piégés au milieu des combats, hélas sacrifiés par des manœuvres politiciennes de leur propre bord, comme le confirment des témoignages azerbaïdjanais, et particulièrement, celui du président de l’époque, Ayaz Mutalibov. Destinées à l’origine à déstabiliser le pouvoir en place à Bakou, ces intrigues internes au pouvoir azéri laissent entrevoir – la description des faits en témoigne - de sordides calculs. Depuis 20 ans, le but poursuivi par l’Azerbaïdjan est devenu clair : accuser les Arméniens de génocide à Khojalu et obtenir leur condamnation sur la scène internationale.

Les effets « bénéfiques » sont multiples : en finir avec l’accusation du Turc « éternel » génocidaire, faire sombrer dans l’oubli les victimes arméniennes des terribles pogroms de Soumgaït (1988), Kirovabad (1989), Bakou (1990) et Maragha (1992) qui ont jeté sur les routes de l’exil 500 000 Arméniens de la République Socialiste Soviétique d’Azerbaïdjan, venir en aide au grand frère turc qui, près de 100 ans après le génocide arménien de 1915, n’a toujours pas réussi à effacer la « question arménienne » de son agenda, discréditer les revendications légitimes de la population arménienne du Haut-Karabagh et de manière plus générale, les revendications arméniennes concernant le génocide de 1915.

La propagande mise en place par le clan Aliev au pouvoir est chaque année un peu plus virulente. Et c’est ainsi que Khojalu, petit village situé sur le territoire du Haut-Karabakh - et dont le nombre d’habitants a été artificiellement gonflé par les autorités de la RSS d’Azerbaïdjan en 1988-1990 avec le transfert de Turcs Meskhets venus de la vallée de Ferghana en Ouzbékistan -, est devenu le symbole d’un génocide fabriqué de toutes pièces.

Ce qui est bien réel en revanche, c’est la haine que ces manipulations indignes distillent dans le cœur de la jeunesse turque et azérie.

Bakou, Ankara ou Paris, les slogans de gamins embrigadés désignent les « Arméniens » comme cibles de la haine. Les époques changent, mais les méthodes restent les mêmes : pour justifier l’extermination de la population arménienne de Turquie en 1915, les autorités de l’époque faisaient état de prétendus massacres perpétrés par des « milices » arméniennes.

La complaisance des nations, lorsqu’elle s’accouple à la realpolitik, n’enfante que des monstres. Quelles sont les horreurs à venir que compte justifier le faux génocide de Khojalu?

24 février 2012
Collectif VAN

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