Inauguration du Pavé de Mémoire à Uccle du 4 mai 2012

Le vendredi 4 mai 2012, s'est tenue dans la belle salle du Conseil de la Maison Communale d'Uccle - à l'initiative de l'Association pour la Mémoire de la Shoah (AMS) -  une importante cérémonie, en présence de Monsieur le Bourgmestre Armand De Decker et du Collège échevinal, d'une très nombreuse assemblée, des  représentants de diverses associations dont Monsieur André Gumuchdjian, Vice-président du Comité des Arméniens de Belgique, ainsi que le Directeur de l'Ecole Messidor, Monsieur Serge Milinkovitch, des 45 élèves de 6ème primaire de cette école et de leurs enseignants.

Cet événement  inaugurait le premier Pavé de Mémoire posé dans la commune d'Uccle.

Scellé dans le trottoir, devant le dernier domicile de Léon FAJNZNAIDER - 712, chaussée d'Alsemberg -, ce petit cube de béton de 10 cm dont la face supérieure est recouverte d'une plaque en laiton gravée à son nom, sa date de naissance, le lieu de sa déportation et de son assassinat, a pour but de remettre en lumière le tragique destin de ce jeune adolescent, âgé de 16 ans, déporté en 1942 à Auschwitz pour y être assassiné parce que son seul crime était d'être né juif lors de l'occupation de notre pays par les forces nazies.

Depuis 2009, l'AMS et son équipe de bénévoles s'est engagée dans ce travail de Mémoire pour la pose de Pavés de Mémoire (Stolpersteine : pierres d'achoppement,  pierres sur lesquelles on peut trébucher), créés par l'artiste berlinois Gunter Demnig.  L'AMS, malgré ses ressources limitées, veille à chaque fois à organiser une cérémonie du souvenir, digne pour ces victimes du nazisme, morts sans sépultures.  Egalement, elle sollicite les administrations et les écoles communales à s'impliquer davantage dans ce devoir de Mémoire et d'Histoire.

La cérémonie de ce jour fut marquée par le discours d'Armand De Decker, qui  «avec une immense émotion» a rappelé l’anéantissement d’une partie de la population juive de Belgique (25.475 juifs  internés à Malines puis déportés à Auschwitz, dont seuls 1.335 sont revenus), relevant que même si «des actes de bravoure ont existé», ils ne peuvent occulter la vérité historique relative à la docilité des administrations communales du pays» (cfr  le rapport du CEGES « La Belgique docile »  publié en 2007), «mettant en évidence la collaboration passive et parfois active des autorités vis-à-vis de l’occupant allemand, notamment dans la mise en place de registres des juifs ou du port de l’étoile jaune ou encore l’insuffisance de poursuites des collaborateurs après la guerre».  Toutefois, Monsieur De Decker a ajouté que «le Sénat discute actuellement une résolution visant, enfin, à reconnaître solennellement que les autorités belges ont mené avec l’occupant allemand dans des domaines cruciaux une collaboration indigne d’une démocratie avec des conséquences dramatiques pour la population juive».

(...)

20 mai 2012

Agence Diasporique d'Information