RTBF -  22/04/2015 

A deux jours des commémorations du génocide arménien, Eddy Caekelberghs revient ce soir avec ses invités, sur ce qui a précédé ce 24 avril 1915, puis sur l’immédiat d’après massacres. Et enfin, sur ce qu'il y a eu depuis, dans le vécu arménien, autour de la négation du génocide.

Il reçoit pour cela : Hélène KOSSEIAN, journaliste et écrivain français d’origine arménienne qui sort « L'Arménie au cœur de la mémoire » aux éditions du Rocher et Gérard CHALIAND, géostratège d’origine arménienne qui a assuré la direction d’un ouvrage « Le crime de silence : le génocide des Arméniens »  réédité aux Editions de l’Archipel.

Pour écouter l'émission, cliquer ICI 

(La Libre.be) BELGA mercredi 22 avril 2015

Les Arméniens de Belgique commémoreront le vendredi 24 avril le centenaire des massacres qui ont coûté la vie à 1,5 million de leurs ancêtres en 1915. Lors d'une manifestation à Bruxelles, les membres de la communauté demanderont aux autorités belges de pénaliser la négation de ce "génocide", terme qui reste polémique notamment parce que la Turquie nie la campagne d'élimination perpétrée par l'Empire Ottoman lors de la Première Guerre mondiale.

La position de la Belgique reste ambiguë sur le sujet.  Chez nous, la communauté arménienne représente 20.000 à 30.000 personnes, selon Christian Vrouyr, le président du Comité des Arméniens de Belgique.

La Libre.be - lundi 20 avril 2015. Par Christophe Lamfalussy

On sait que les Arméniens ont été les victimes entre avril 1915 et juillet 1916 d’un génocide qui a fait près d’1,2 million de victimes. On oublie souvent que d’autres minorités, vivant de longue date dans l’Empire ottoman finissant, ont elles aussi été pourchassées et exterminées.Ce fut également le cas de 500 000 Araméens, Assyriens, Syriaques et de 500 000 Grecs pontiques. Mais l’histoire ne retient que le génocide des Arméniens.

Pour réparer cet oubli, le député CDH Georges Dallemagne vient de déposer une "proposition de résolution" pour étendre à ces autres minorités chrétiennes la résolution qui avait été adoptée par le Sénat belge le 26 mars 1998.

http://www.info-turk.be/440.htm#Campagne

La communauté arménienne de Belgique a assisté ce dimanche 19 avril 2015 à Mechelen à l’inauguration d’une croix de pierre commémorant le génocide arménien d’il y a 100 ans.

La cérémonie a été tenue en présence de M. Tatoul Markarian, ambassadeur d’Arménie à Bruxelles, du bourgmestre Bart Somers (Open VLD) ainsi que des échevins Marc Hendrickx (N-VA), Koen Anciaux (Open VLD) et Marina De Bie (Groen).

Le bourgmestre Somers a rappelé la douleur du génocide qui prévaut toujours chez de nombreux citoyens belges d’origine arménienne. “Cette croix de pierre pour eux est un symbole de ce qui est arrivé il y a une centaine d’années “, a dit l’échevin Hendrickx.

Un documentaire de Nicolas Jallot et Régis Genté. Le 24 avril 1915, à Constantinople, dans la capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide qui fera plus d’un million de victimes.

100 ans plus tard, Elodie de Sélys revient sur ce qui fût le premier génocide du XXè siècle. Pour commenter ce documentaire, elle recoit Sophie Soukias, diplômée en histoire contemporaine de l'ULB et d’origine arménienne. Diffusé sur la RTBF Une le  24 avril.

REDIFFUSION sur La Trois le 30/4 à 12h30 et le 02/05 à 21h.

Pour voir le documentaire de Nicolas Jallot et Regis Genté, cliquez ICI

L’ECHO - 17/04/2015 

Par Jean-Paul BOMBAERTS

Grégoire Jakhian représente la communauté arménienne de Belgique. Il explique les enjeux d’une commémoration qu’il souhaite "sans haine et dans la dignité".

Le vendredi 24 avril marquera le centenaire du début du génocide des Arméniens perpétré par les dirigeants de l’Empire ottoman. Une tragédie qui a fait environ 1,3 million de morts et que la Turquie refuse toujours de reconnaître en dépit de l’évidence historique. En janvier 2015, le Parlement européen a invité les États membres à reconnaître le génocide. À ce jour, seule la France l’a fait, dès 2001, avant de criminaliser en janvier 2015 la négation de ce génocide.

En Belgique, le Sénat a reconnu le génocide arménien en 1998, mais ce geste n’a pas eu de suite au niveau exécutif.

RTBF.be – 16/04/2015
La chronique de Robin CORNET - Génocide arménien

La Turquie immédiatement rejeté la résolution votée mercredi par le parlement européen qui lui demande de reconnaître le génocide des Arméniens. Pourquoi a-t-elle autant de mal à affronter ses démons du passé ? La Turquie n'est, en tout cas, pas la seule à éviter la confrontation avec son histoire.
Le sujet est de moins en moins occulté mais le génocide des arméniens reste un grand tabou en Turquie.

Communiqué de presse - Parlement européen - 15-04-2015

L'Arménie et la Turquie devraient saisir l'occasion du centenaire du génocide arménien pour relancer les relations diplomatiques, ouvrir la frontière et faciliter l'intégration économique, a affirmé le Parlement européen dans une résolution adoptée ce mercredi.

Les députés soulignent la nécessité pour la Turquie de reconnaître le génocide arménien afin de poser les jalons d'une véritable réconciliation et saluent la déclaration du pape François du 12 avril commémorant le centenaire du génocide.

RTBF – Matin Première - 16/04 2015

Dans une résolution adoptée mercredi au Parlement européen, l'Union demande à la Turquie de reconnaître le génocide arménien. Mais elle refuse toujours d'admettre que ces massacres étaient planifiés par le pouvoir dès 1915. Invité de Matin Première ce jeudi, le député européen Jean-Marie Cavada a soutenu cette résolution, mais le problème vient selon lui de la position du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui refuse "l'émanation de la vérité".

Jean-Marie Cavada, député européen au sein du groupe Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE)

Dimanche 12 avril, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, le Pape François a célébré une messe en mémoire du million et demi d’Arméniens victimes du génocide de 1915.

Pour voir la retransmission intégrale de cet événement historique par CTV (Centro Televisivo Vaticano), cliquer ICI

Le pape François a osé évoquer le "génocide" arménien: pour voir le reportage au JT de RTL, cliquer ICI 

 Le texte intégral de l’intervention du Pape François

« Chers frères et sœurs Arméniens, chers frères et sœurs »

RTBF/ AFP - 15/04

Le Parlement européen a "encouragé" mercredi la Turquie à reconnaître le "génocide" arménien, trois jours après la déclaration du pape François et à l'occasion du centenaire des massacres.

"Mon propre peuple a commis des génocides", a lancé l'eurodéputé allemand Elmar Brok (PPE/droite), évoquant "une obligation morale" de reconnaître de tels crimes. "Des centaines de milliers d'Arméniens ont trouvé la mort sous la main des sbires de l'Empire ottoman" entre 1915 et 1917, a-t-il asséné avant le vote.

Le pape François qualifie le massacre des Arméniens de «génocide» - Le Soir – Afp – 12/04/2015

Le pape François a utilisé dimanche dans le cadre solennel de la basilique Saint-Pierre de Rome le terme «génocide» pour le massacre des Arméniens il y a cent ans, au risque de fortement perturber ses relations diplomatiques avec la Turquie.

«Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme ‘le premier génocide du XXe siècle’ a frappé votre peuple arménien», a déclaré le pontife en citant un document signé en 2001 (bien 2001) par le pape Jean Paul II et le patriarche arménien.

La Libre Belgique - Christophe Lamfalussy  - 02 avril 2015 

C’est une année spéciale pour la communauté arménienne de Belgique. Il y aura cent ans, le 24 avril prochain, que les premières rafles contre les intellectuels arméniens débutaient dans l’empire ottoman déclinant, prélude à un génocide effroyable qui fit près de 1,5 million de morts.

Ces chrétiens vivaient à l’est du plateau anatolien (dans l’actuelle Turquie) et au nord de la Mésopotamie (là où sévit maintenant l’Etat islamique). Pour commémorer cet anniversaire, les descendants ont choisi de faire connaître leur culture. Jusqu’à la fin de l’année, des concerts, colloques et expositions sont programmés.

Collectif VAN - www.collectifvan.org – 03/04/2015

Lancé à Bruxelles en 1969, Europalia est un grand festival international qui présente tous les deux ans l’essentiel du patrimoine culturel d’un pays. En 2015, Europalia fêtera un double anniversaire : ses 45 ans et son 25e festival. D'octobre 2015 au 31 janvier 2016, Europalia mettra le cap sur la Turquie. Une opération de promotion sans doute téléguidée par Ankara pour faire obstacle aux commémorations mondiales des 100 ans du génocide arménien et présenter une image plus positive de cet État négationniste et prédateur des droits de l'Homme.

LE SOIR - 28 mars 2015

A Diyarbakir, de notre envoyée spéciale ANNE ANDLAUER

En 1915, plus d’un million d’Arméniens ont été déportés et exécutés sur ordre des Jeunes-Turcs. Un siècle après, le génocide reste nié par la Turquie, mais pas par toute la société. En Anatolie orientale, sur les principaux sites des massacres, la mémoire reste vive.

Euronest: « nous devons nous concentrer sur les valeurs et les aspirations qui nous unissent » - Parlement européen - Communiqué de presse - 17-03-2015

La quatrième session ordinaire de l’Assemblée Euronest est en cours dans la capitale arménienne Erevan cette semaine.

Les parlementaires discutent comment améliorer les relations entre l’Union européenne et ses voisins de l’est.

La réunion de trois jours a débuté le 16 mars et rassemble les députés européens et les députés d’Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie et Ukraine. La sécurité énergétique, l’agression russe et les relations avec le Bélarus font partie des sujets discutés. « Compte tenu des réalités politiques actuelles, nous allons adopter une résolution sur l’agression de la Russie envers l’Ukraine », a déclaré le parlementaire ukrainien et co-président de l’Assemblée Euronest Borys Tarasyuk.

Les pays représentés à l’Assemblée Euronest comprennent la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine qui ont des accords d’association économique avec l’Union européenne, et l’Arménie qui a opté pour l’Union économique eurasienne dirigée par la Russie.

RADIO VATICAN 13/03/2015 

Il est ahurissant que certains soient aujourd’hui encore incapables de parler avec objectivité du massacre des Arméniens commis il y a un siècle en Turquie. C’est l’un des plus proches collaborateurs du Pape François qui l’a affirmé jeudi soir à Rome. Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, s’est exprimé à l’occasion d’une rencontre de réflexion organisée par l’Institut pontifical oriental de Rome à partir d’un ouvrage en sept volumes sur le massacre des Arméniens écrit par un jésuite belge le père Georges Ruyssen.

Comment les Arméniens de Belgique, et en particulier les plus jeunes, perçoivent-ils l'événement ?

RTBF Midi Première - Le Forum – 5 mars 2015.  

Présentation: Fabienne VANDE MEERSSCHE

INVITES :

Bernard COULIE, Recteur honoraire de l’UCL, Professeur ordinaire, Président de l'Institut de recherche en civilisations, arts et lettres (INCAL); Sevan HOLEMANS, jeune Arménien de Belgique.

POUR ECOUTER L'EMISSION, CLIQUER ICI

ARTE Info - 4 mars 2015

Le journaliste Jürgen Gottschlich a découvert que Hans Freiherr von Wangenheim, ambassadeur allemand auprès de l'empire ottoman de 1912 à 1915, savait que les Turcs planifiaient le génocide arménien.

Dans le livre "Aide au génocide" ("Beihilfe zum Völkermord"), Gottschlich veut montrer que l'ambassadeur n'était pas le seul à savoir.

Le reportage à Istanbul de Gunnar Köhne. POUR VISIONNER, CLIQUER ICI

 

RTBF.be Culture - 3 mars 2015

Le musée de la Photographie à Charleroi présente une exposition de photos d’archives prises avant et après le génocide arménien de 1915. Le génocide organisé il y a un siècle par le gouvernement jeune-turc de l’Empire Ottoman a fait plus d’un million de victimes. Il existe très peu de photos du génocide.

L’expo montre des images prises à partir de 1906 en Anatolie. Elles proviennent de la photothèque de la bibliothèque orientale de l’Université St-Joseph de Beyrouth.

Le conservateur Levon Nordiguian est au micro de Pascal Goffaux: il lui explique pourquoi seulement deux photographes, Antoine Poidebard (1878-1955) et Guillaume de Jerphanion (1877-1948) sont crédités dans cette exposition. Cliquer ICI

 L’ARMENIE A LA 45ème FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES 

 Du 26 février au 2 mars 2015.    Adresse: Tour et Taxis - Avenue du Port 86C - 1000 Bruxelles

 ARMENIA - Salle 1 - Stand 106

 ◾SEANCES DE DEDICACE 

Vendredi 27 février (15h-22h) : Antoine AGOUDJIAN présentera son dernier livre "Le Cri du Silence".

Samedi 28 février (15h-19h) : Gérard CHALIAND présentera le  "Mémorial du Génocide des Arméniens".

Dimanche 1er mars 2015 (15h-19h) : Tigrane YEGAVIAN présentera son livre-guide "Arménie".

PODIUM Le dimanche 1er mars à 11h: Conférence–débat sur le podium de la Foire avec la participation du Professeur Bernard COULIE de l’Université Catholique de Louvain, de Gérard CHALIAND et de Tigrane YEGAVIAN

Le Vif/L'Express - 30/01/2015

Entretien avec Bernard COULIE 

Pour l’ancien recteur de l’UCL, l’Arménie est devenue une seconde nature. Spécialiste des langues anciennes, il s’est retrouvé plongé, presque malgré lui (il rêvait d’être prof de latin-grec), dans le chaudron de l’actualité la plus brûlante. Parfois, la plus douloureuse. L’érudit qui exhume des manuscrits inédits de monastères et bibliothèques orientales a un point de vue reconnu – et indépendant – sur la question arménienne. Faut-il pénaliser la négation du génocide des Arméniens ? L’adhésion de la Turquie à l’Europe est-elle souhaitable ? Que serait l’arménité sans le génocide ? Avec Le Vif/L’Express, Bernard Coulie ouvre l’année cruciale du centenaire du premier génocide du XXe siècle. 

http://bernardcoulie.com/wp-content/uploads/2015/02/LeVif.pdf

 

Radio Télévision Suisse  RTS INFO – 28/01/2015

A la demande de la Suisse, les juges de Strasbourg ont réexaminé mercredi l'affaire qui oppose Berne à Dogu Perinçek. Le nationaliste turc avait qualifié le génocide arménien de "mensonge international".

La Grande Chambre de la Cour européenne des droits l'homme (CEDH) à Strasbourg a réexaminé mercredi l'affaire Perinçek contre la Suisse. Comme dernière instance, elle devra trancher entre la norme antiraciste invoquée par Berne à propos de la négation du génocide arménien et la liberté d'expression soutenue par le Turc et Ankara. La décision de la Cour, définitive, tombera à une date non précisée.

 

Communiqué UGAB Europe - 23/01/2015

Graf Lambsdorff, vice-président du PE, salue “un homme courageux” qui a “incarné les valeurs de l'Europe”. La veuve de Dink invite l'auditoire à commémorer le génocide arménien à Istanbul, le 24 avril 2015.

Le 21 janvier s'est tenue au Parlement européen une commémoration en l'honneur du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink. Ce fut l'occasion de célébrer la mémoire d'un homme devenu une icône du mouvement pour les droits civils en Turquie en raison de son combat pour la liberté d'expression et pour les minorités.

Chers amis,

Nous sommes, ici, réunis sur cette terre d’exil, pour la huitième fois pour saluer le courage exemplaire de Hrant Dink et saluer son combat pour la justice et la paix.

Il nous a quittés il y a huit ans, telle une colombe de la paix en plein vol vers la liberté et la fraternité pour toute l’humanité.

Son journal Agos nous rappelle aujourd’hui: « Le 19 janvier n’est pas seulement le huitième anniversaire de ce crime odieux dont Hrant est la victime, mais également le début du centième anniversaire du génocide de son peuple. Un génocide qui a visé plus tard non seulement le peuple arménien, mais également les peuples assyriens, yézidis, grecs et kurdes.»

L’Université d’Etat d’Artsakh a signé en octobre dernier son premier accord de coopération avec une université européenne, en l’occurrence la prestigieuse Université catholique de Louvain en Belgique (UCL). Un homme s’est particulièrement impliqué dans la réussite du projet. Byzantiniste et arménisant de renommée internationale, le Professeur Bernard Coulie enseigne à l’UCL, institution de 30.000 étudiants qu’il a dirigée de 2004 à 2009 en tant que recteur. L’entendre commenter un texte de Lazare de Pharbe ou Grégoire de Narek est un régal. Mais le professeur Coulie n’est pas un chercheur en chambre. Sa curiosité intellectuelle témoigne de sa volonté de mieux appréhender, à travers la connaissance du passé, l’Arménie d’aujourd’hui.

La coordination de plusieurs organisations arméniennes en France a condamné samedi la participation annoncée du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu à la “marche républicaine“ organisée dimanche à Paris après l’attentat meurtrier contre le journal Charlie Hebdo.

“La participation à cette manifestation de représentants d’un État qui détient le record du nombre de journalistes en prison est une honte et une insulte à l’esprit de Charlie Hebdo“, estime le Bureau national du Conseil de Coordination des organisations arméniennes de France, dans un communiqué. “D’autant plus que l’aide de la Turquie à la mouvance jihadiste (Al Quaïda et Daech) qui a exporté sa terreur à Paris est aujourd’hui un secret de polichinelle“, accuse aussi cette organisation.

Par Jean-Marie Wynants

Au début du XXème siècle, la population arménienne subit une succession de massacres menant au génocide de 1915.

Ce sont des images calmes, souvent souriantes, montrant des femmes, des enfants, des musiciens en tenue traditionnelle… A priori, rien de grave ne surgit de ces photographies réalisées à partir de 1906 en Anatolie et dans les régions avoisinantes.

Pourtant, on sait aujourd’hui que ces moments paisibles vont être suivis d’événements terribles et de ce qui restera dès 1915 comme le premier génocide du XXe siècle. Le massacre de plus d’un million d’Arméniens, organisé par le gouvernement jeune-turc de l’Empire Ottoman.

Par Jean-Paul Marthoz, journaliste et essayiste

Rappel d’un « point de détail de l’histoire ».

L’année dernière, la commémoration du début de la Grande Guerre a suscité un immense intérêt public. Dans cette atmosphère de réflexion sur la folie humaine et le suicide de l’Europe, presque personne n’a remis en cause la genèse, le déroulement et la conclusion de cette conflagration barbare. Un recueillement respectueux, l’hymne à la fraternité européenne retrouvée, l’unanimisme moral ont flotté sur les Flanders Fields.

En 2015, le rappel d’un « point de détail de l’histoire » risque bien de briser ce consensus. Il y a cent ans, en effet, le 24 avril 1915, alors que les combats faisaient rage à Ypres ou en Champagne, les autorités turques arrêtaient plusieurs centaines de notables et intellectuels arméniens, déclenchant un processus de déportation et d’extermination qui allait se solder par la mort de plus d’un million de personnes, membres d’une communauté chrétienne établie depuis des millénaires sur ces terres d’Asie mineure.